Bienvenue ...

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___________Ici, je posterai mes One-Shot _________(histoire trop courte pour être divisée _________en chapitres ) . J'espère que vous _________trouverez votre bonheur, et que nous _________passerons de bons moments ensemble. _________Je vous invite à laisser vos impressions, _________positifs ou négatifs, sous forme de _________commentaires structurés et corrects, si _________possible bien orthographié. ( Je prend le _________temps d'écrire des textes comportant un _________minimum de fautes d'orthographes, à _________vous de faire de même. )


_________________________n'Stelle








_________Image trouvée sur ce blog d'excellente _________qualité, c'est vraiment un travail de _________dingue que fait cette fille.

# Posté le mercredi 30 avril 2008 13:19

Modifié le vendredi 02 mai 2008 13:38

Premier. Dans le coeur d'un ange.

Premier. Dans le coeur d'un ange.

C'est son heure de gloire. Son moment, qui n'appartient qu'à lui.

La foule en délire, à ses pieds. Et lui, si minuscule, mais si impressionnant, il les a entre ses mains, il leur fait faire ce qu'il veut. Son sourire est immense, malgré la fatigue, malgré la concentration et le stress qui retombent. Il profite, et même s'il sait que demain soir il aura droit encore à son moment de gloire, il voudrait que ça ne s'arrête jamais.

BAM BAM BAM.

Son c½ur bat la chamade, il le sent. Malgré les applaudissements, malgré les cris, il sent, il entend son c½ur battre à toute vitesse, et il est sonné, par tant de bonheur, par tant de partage. Il se donne tout entier, et s'il pouvait sauter au milieu de la foule en fureur, il le ferait. Sans hésiter.

BAM BAM BAM.

Pendant deux heures et demi, il est resté au fond, à l'écart, concentré sur son instrument, concentré sur sa passion, exécutant avec une précision d'horloger les mouvements sur lesquels il s'entraine depuis des années, les enchainements si compliqués que parfois, dans des moments de doute, il a peur d'oublier.

BAM BAM BAM.

Ils lui ont laissé son moment de gloire, parce qu'un solo, c'est beau, mais même avec ça il ne peut pas vraiment communier avec le publique, avec les fans, ces fans qui lui donnent envie de se lever le matin, ces fans qui lui ont permis d'avoir tout ce qu'il a.

BAM BAM BAM.

Son instrument est de ceux qu'on entend le plus. C'est l'instrument du groupe de rock, celui dont le groupe n'aurait jamais pu se passer, même si il est certaines chansons ou il n'est pas. L'instrument est bruyant, il prend de la place. Une place folle. Pas lui.

Lui, il est discret, ne parle presque pas, garde le son de son rire pour ses proches. Lui, au moins, il ne fait pas semblant. Il a sa nature, il la garde. Et personne ne semble s'en plaindre.

Par moment, il en a marre. Il se demande pourquoi il n'a pas choisi la guitare, ou la basse. Ou le piano. Mais non, ces instruments ne lui correspondent pas. Il ne peut pas s'y défouler comme il le fait avec sa batterie chérie.

BAM BAM BAM.


Il lève les bras, les abaisses. Et la foule suit le mouvement, dans un geste tellement synchronisé qu'on pourrait croire qu'il a été préparé des semaines durant, jusqu'à obtenir le resultat parfais, fruit de dizaines d'heures de travail.

Mais non. Il donne tellement, avec tellement de passion, d'amour, que les milliers de c½urs dans la foule le sentent, et ne peuvent que recevoir, et tenter de donner autant.

C'est son heure de gloire. Même si il sait que beaucoup de fans ne connaissent même pas son nom, que beaucoup oublient sa date d'anniversaire, il s'en moque. Ca n'est pas tellement important, tout compte fait. Il se contente de ces quelques minutes de pur bonheur, cette osmose qu'il attend avec tellement d'impatience, et dont il rêvera cette nuit et les suivantes.

Son c½ur est fragile, il est sensible. Mais il tient. Ses amis. La musique. Les fans.

Il préfère cette relation distante. Il sait que celles qui l'aiment le font plus respectueusement que celles qui aiment les twins, ou même le bassiste. Alors il s'en contente, non sans une certaine fierté.

Il s'en moque, si son sex-appeal n'est pas au top niveau, il sait qu'il plait quand même, à quelques filles qui s'en foutent de la perfection, qui regardent au fond de ses yeux.

Quand il descendra de la scène, direction les coulisses, il sait qu'il tiendra à peine sur ses jambes, et qu'il aura besoin d'aide, pour récupérer de ce concert. Il sait qu'il aura besoin d'une bonne douche, et de s'étirer, les jambes, de manger des pâtes, et de dormir tôt. Il sait que demain ce sera la même chose, et qu'il souffrira réellement, alors que les autres pèteront encore la forme. Mais pour rien au monde il ne voudrait être ailleurs.

BAM BAM Bam.

C'est presque la fin. Il le sait, il le sent. Il ne veut pas qu'elles se lassent, alors il lance sa serviette, sa bouteille, et bénit mentalement celle qui les rattrapera. Il espère qu'elle ne se fera pas tuer pour avoir touché un peu de sa sueur, et la bouteille, entrée en contact avec ses lèvres.

Il fait mine de partir, et les hurlements se font plus fort.

Il revient, tape dans ses mains, deux fois, trois fois. Salue une dernière fois.

Il sort de scène, un sourire immense sur les lèvres. Déjà, ses jambes ont du mal à le porter, mais il s'en moque. La dose de bonheur qu'il a encaissé le protège contre tout. Pour toujours.

Bill et Tom sont déjà devant, presque dans la loge. Ils parlent, rient, ravis de leur concert. Georg, lui, a attendu Gustav, et l'aide à marcher dans ce long couloir.

Ils rentrent dans la loge, bras dessus bras dessous. Il se laisse tomber sur l'immense sofa, et les autres ne disent rien. Ils respectent le besoin de repos qu'il a après chaque concert. Ils savent qu'il a besoin de cet instant de flottement, instant qui dure parfois plus de deux heures, mais les fans savent attendre, les backstages sont de toute façon programmés en fonction du groupe.

Il enlève ses chaussures, remet son tee-shirt, parce que déjà des frissons forment de drôles de motifs sur sa peau, et ses cheveux courts, blonds, se hérissent sur son crâne, sur sa nuque. La sueur continue à dégouliner dans son dos, mais elle le frigorifie. Il est prit de frissons de plus en plus violents.

Comme à chaque fois, Georg s'en aperçoit, et vient, le sert contre lui. C'est rare qu'ils soient aussi proches, mais ils savent tous que ces instants n'appartiennent qu'à eux. Bill ou Tom ne pourraient pas prendre la place de Georg en cet instant. C'est comme ça.

Gustav les entends parler, mais lui, il est encore dans la salle, levant les bras, et admirant les bras qui se lèvent à son rythme, les c½urs qui battent en même temps que le sien. Son c½ur suit encore le rythme de sa batterie. Sa tête tourne un peu, passer d'un bruit énorme à un silence pesant est toujours difficile.

Il sent le canapé sous lui prendre la forme de son corps, et il a l'impression d'être sur un nuage. La chaleur que lui transmet Georg efface peu à peu les frissons, rendant à sa peau la douceur de celle d'un bébé.

Il entent le rire de Tom, les plaintes de Bill, qui est mécontent de sa prestation sur In die Nacht. Georg ne parle pas beaucoup, il sait que Gustav n'aime pas qu'il parle quand il le tient dans ses bras. Les vibrations de son torse contre son oreille le dérangent. Alors il se tait, et sourit doucement aux remarques acerbes de Tom, qui en a un peu marre parfois des plaintes incessantes de son frère, que pourtant il aime plus que tout.

Dans cette pièce, ils ne sont plus des stars. Juste quatre adolescents, jeunes adultes, amis à la vie à la mort, qui se réunissent après un moment magique partagé. Ils sont égaux, même si leur nature ne change pas pour autant de ce que l'on voit d'eux.

Gustav se serre un peu plus contre Georg ; David a ouvert la porte et un courant d'air a frappé le batteur fatigué de plein fouet. Il ne sait pas ce que l'homme dit, ça lui est un peu égal. Les autres le lui répèteront plus tard, ils savent qu'il a besoin de récupérer, qu'il est un peu à l'ouest. Il lui faut du temps pour cesser d'entendre les hurlements des fans.

David ressort. Re-courant d'air. Et re-frissons. Georg rit un peu, et attrape sa veste pour en recouvrir le blond. Il l'air d'un enfant comme ça, blotti contre le bassiste. Il est bien. Il sait que les deux frères sont sur un canapé, Bill clope au bec, Tom la main sur la cuisse de son frère.

Bientôt, Bill va se relever, et commencer à se remaquiller, peut-être se changer. Il n'aime pas les mauvaises odeurs. Gustav se lèvera en baillant, rêvant dans un coin de sa tête à son oreiller, qu'il rêve de serrer contre lui jusqu'au lendemain. Et puis Tom et Georg finiront par suivre le mouvement.

Ils marchent les uns à coté des autres dans le couloir. Gustav sourit. Pour lui-même. Il sait que les fans feront à peine attention à lui, trop occupée à tenter d'attirer l'attention des autres. Mais il s'en moque. Sa vie est déjà parfaite.

Oui, Gustav est heureux. Il mérite le bonheur, autant que n'importe lequel des Tokio Hotel. Alors il le prend, à sa mesure, le respecte, et n'hésite jamais à faire celui des fans. Gustav a un c½ur gros comme ça. Tant pis pour ceux qui ne le voient pas. Ca en fait plus pour les autres.



Moi, c'est mon préféré. Un tit ange, un vrai.

J'ai quelques question pour vous :

Qui est votre préféré ?

Est-ce que vous voudriez d'autres OS sur Gustav ?

Est-ce que vous l'imaginez dans un RPS avec un des membres du groupe ? Si oui, lequel ?

Et enfin, comment est-ce que vous l'imaginez dans, allez, 20 ans ?

Si je pose ces questions, c'est parce que ça peut m'aider pour des OS à venir.

Vous pouvez même répondre en un seul commentaire.


J'attend vos réponses.

Bisous !

n'Stelle

# Posté le mercredi 30 avril 2008 16:28

Modifié le dimanche 04 mai 2008 07:43

Second. Jimena

___Tom regardait d'un air menaçant la porte qui lui faisait face. Sur sa droite, la sonnette lui faisait de l'½il. Il la fusilla du regard. Il ne savait pas trop ce qu'il faisait ici. Lui qui avait toujours été sur de lui, lui qui avait toujours marché d'un pas sur, se nourrissant des regards sur son corps, sur son visage, se retrouver à trembler devant une misérable – immense, impressionnante, mais misérable tout de même – porte. En secret, il espérait que personne ne sache jamais qu'il avait posé le pied dans l'allée de cette imposante maison. Il le savait, sonner, aller au bout de ce qu'il s'était mis en tête serait un mal pour un bien. Mais comment réagiraient ses amis s'ils venaient à apprendre l'horrible vérité ? Sa réputation, sa chère réputation, celle qu'il avait mis tant de temps à construire, celle qu'il aimait tant, serait sans doute détruite, réduite à l'état d'un tas de cendres. Et, à bien y réfléchir, il ne savait si il était prêt à faire ce sacrifice.

Il soupira. Il était ridicule. Tellement qu'il en avait honte. Il leva les yeux sur la plaque de cuivre au dessus de la sonnette. « Famille Mertër ».

Il sentit son portable vibrer dans sa poche. Il grogna un peu et le sortit de son immense baggy.

De Geo, « Hey Tom, on avait rdv dans mon garage ! T'as les nerfs en pelote à cause de c'te fille ou quoi ? Tkt pas, elle sera bientôt à tes pieds ! Tchuss mec, rappelle moi quand même ... »

Une fois de plus, il soupira. Ce mec était génial, adorable, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il manquait cruellement de tact. Tom laissa glisser son téléphone dans sa poche, et sans réfléchir, appuya d'un geste vif sur la sonnette. Quand il réalisa son geste, il sentit ses genoux se mettre à trembler. Il fallait qu'il se reprenne, bon sang ! Il n'était pas une putain de tafiole et il irait jusqu'au bout. (n.d.a : les gens, ceci est une expression, je ne suis en rien homophobe, que croyez vous que je ferais ici dans le cas contraire ? Hum ?) Son orgueil ne souffrirait pas d'une défaite. Et depuis quand Tom Kaulitz, le grand Tom Kaulitz, avait-il peur des autres ? Il n'eut pas le temps de réfléchir plus que la porte s'ouvrait. Son cauchemar ne faisait que commencer.

_

Bill Mertër, un mètre quatre-vingt trois d'androgynie, de beauté diabolique. Démoniaque. Le cauchemar vivant de tous les garçons du lycée, celui qui malgré son homosexualité avérée et reconnue par lui-même faisait tomber les filles comme de misérables mouches ... et qui faisait bander même les garçons les plus hétéros qui soient.
Bill Mertër, les cheveux impeccablement lissés, un maquillage parfait. Le regard perçant, les lèvres déjà pincées. Il ne le montre pas, bien sur, mais Tom le soupçonne de réfléchir à toute allure, d'employer son 180 de QI à trouver la putain de raison pour laquelle Tom Kaulitz était face à lui, visiblement mal à l'aise. Très mal à l'aise.

Remise en place d'une mèche. Derrière l'oreille. Oreille découverte. Jolie oreille. Ta gueule Tom.

Donc. La scène. Tom, se tortillant sur le perron de l'immense maison de Bill. Presque ridicule dans son tout aussi immense baggy, sa casquette et son bandeau. Magnifique. Bill, à quelques centimètres de Tom, majestueux, gracieux.

Leurs destins se jouent ? En ont-il seulement conscience ? Pas sur. Ils se croient maîtres de leur vie, de leur existence. Comme beaucoup gens, beaucoup trop. Le sont-ils vraiment ?

« Il va falloir que tu me dises ce que tu fais ici à un moment ou l'autre, tu sais ça ? finit par dire Bill.
- Hum. On peut rentrer ?
- Mais bien sur ! Pour qui me prends-tu, Tom Kaulitz ? Je vais faire rentrer un mec que je connais à peine ! »

La voix de Bill, presque aimable, s'était faite cassante. Il avait compris que Tom avait honte d'être ici. Et il lui en voulait pour cela.

« Tu me laisseras entrer après ?
- Ca dépend. De ce que tu me proposes. »

Stop. Pause. Petite explication. C'est le moment semble-t-il. Vide soudain dans la tête de Tom. Il demandait conseil à la personne qui était son adversaire naturel, celui qu'il croisait tous les jours depuis la petite section. Et il avait horriblement conscience de la réalité. Si Bill refusait de l'aider, il ne se gênerait pas pour faire savoir à l'ensemble de leurs camarades que le grand Tom Kaulitz lui avait demandé de l'aide. Soit. Il ne lui rester plus qu'à croiser les doigts.

« Alors ? S'impatienta Bill, tapant sur le sol avec le talon de sa santiag.
- Il faut que tu m'aides.
- Oh ! Le grand, le magnifique Tom Kaulitz me demande de l'aide. Que dis-je ! Le baiseur de ces dames demande de l'aide à Bill Mertër !
- Vas-y, fous toi de ma gueule ...
- Ah ! Ah ! Ah ! C'est le prix à payer, sur le coup ! Allez, rentres, tu m'intéresses ! »

Bill s'effaça et laissa Tom passer. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, d'observer l'intérieur, il l'entraîna sur la terrasse.
Piscine, transat, table couverte de fleurs tout juste cueillies. Beautée tout simple. Aux antipodes de Bill.


_

« Donc, si j'ai bien compris, tu as besoin de moi pour séduire une fille, c'est ça ?
- Ouais, marmonna Tom.
- T'es au courant que je suis gay comme un phoque ?
- Les phoques sont gays ?
- Quoi ?
- Rien, laisse tomber.
- Euh ...
- Oui, j'ai besoin de toi !
- Putain !
- Quoi ?
- J'crois que j'me lasserais jamais d'entendre ça !
- Bon ! C'est oui ou c'est non ?
- Hum ... Oui ! Mais tu as conscience que tu me seras redevable ? Sans doute à vie ...
- Hey t'emballes pas ! Faut d'jà que ça marche !
- On est bien d'accord !

_


Deux semaines plus tard, jour de la rentrée des vacances de Pacques. Bill, auprès de sa bande d'amis, en pleine conversation avec Andreas, son meilleur ami. Blond platine, un peu plus petit que Bill. Mignon. Moins que Bill. Mais personne n'était aussi mignon que Bill. Il eut un sourire quand il vit Tom passer le portail, accompagné de Georg, son meilleur ami, tours les deux clope au bec.

« Alors, cette fille ? Demanda Georg.
- Je la vois ce soir, à la sortie.
- Pourquoi pas tout de suite ?
- Parce que cette fille est différente. Et puis t'as vu sa bande d'amis ? J'me vois pas m'taper l'incruste comme ça ... Nan, j'irais la voir plus tard.
- Pfff ... On croirait que t'es amoureux d'elle.
- Bien sur, et quand tu parles comme ça, on pourrait croire que t'es sensible, se moqua gentiment Tom. »

Tout en parlant, Tom la cherchait du regard.

Jimena, un mètre soixante de grâce et de mauvais caractère. Habillée entièrement de noir. Cheveux bruns tirant légèrement sur le blond, yeux magnifiquement bleues. Une sorcière. Carton à dessins continuellement sous le bras, visage fermé, perle éclatante de beauté au milieu de ses pâles amis. Peau dorée, guêpe tatouée sous l'oreille. Ecouteurs presque toujours dans les oreilles. Elle était exceptionnellement intelligente, méprisée par beaucoup. Les anges sont rarement aimés.

Tom, lui, était captivé par elle, cette fille mystérieuse, qui souriait si rarement. Il savait qu'une fois qu'il l'aurait mise dans son lit, elle n'aurait sans doute plus aucune importance. Mais elle était son objectif à atteindre avant la fin de l'année scolaire.

Après tout, il n'avait pas passé 15 jours à la découvrir avec celui qui la connaissait le mieux, son meilleur ami, pour rien.

Flash Back

« Bon. On s'est mis d'accord. Mais tu m'as toujours pas dit qui était la fille, hier. Il faut que je sache.
- Tu me l'as pas demandé hein ! Protesta Tom.
- Bon ... alors ?
- Jimena Keinz. »

Tom avait lâché cela sans gène, après avoir avalé une gorgée de coca. Il fut surpris, et c'est un euphémisme, de voir Bill s'étouffer dans son prore verre. Il toussa un peu, les yeux exorbités, puis se calma, sans pouvoir s'empêcher cependant de rire, s'aérant le visage d'une main soigneusement manucurée. Tom grogna, agacé :

« - C'est quoi le problème ?
- Ha ha putain Tom Kaulitz tu me feras toujours rire !
- Qu'est-ce qu'il y a ? Elle est gay ? Demanda Tom, ce qui eut pour effet de faire redoubler l'hilarité de Bill.
- Ha ha de mieux en mieux ! Non, non, elle est pas gay, le rassura Bill en reprenant son sérieux. C'est ma meilleure amie. »

Une bombe. Pire qu'Hiroshima. Tom était définitivement dans la merde. Et Bill s'amusait comme un fou.

Fin du Flash Back

Tom et Georg s'installèrent à l'autre bout de l'endroit où se trouvaient Bill et sa bande. Ils étaient à égale distance de Jimena et ses amis un peu glauques. Tatoués, piercés, ils étaient la bande un peu à l'écart du lycée. Ecouteurs de métal. Ils ne parlaient à personnes ne faisant pas partie de leur cercle.

« - Tom, arrête de la regarder comme ça, tu vas l'abimer, chuchota Georg, avant de se tourner pour accueillir Gustav.
- Hey Stuv comment tu vas ? demanda-t-il à ce dernier.
- J'ai la dalle, répondit-il en haussant les épaules. »

Tom éclata de rire. Si il y en avait un qui avait toujours faim, c'était bien lui.

« - Quoi ? C'est pas drôle hein !
- Tom aussi il a faim ... Sourit Georg.
- Ah ? Et de quoi ?
- Du cul, du cul, DU CUL ! S'écria Georg, levant les bras au ciel. »

Tom soupira, et se dirigea vers l'entrée du batiment aussi rapidement qu'il le put avec son immense baggy. Il n'aimait pas les remarques de ses amis qu'il trouvait désobligeantes. Son point de vue sur Jimena avait changé pendant les 15 premiers jours, et Bill n'y était pas pour rien, bien au contraire.

Flash Back.

« - Ta meilleure amie ? Mais ... tu n'es jamais avec elle !
- On ne fréquente pas les mêmes personnes, c'est tout ... sourit Bill.
- Mais ...
- On est nés à quelques heures d'intervalles. Nos mères étaient amies d'enfances ...
- Et ?
- Et tu n'as pas à en savoir plus.
- Hum. Je comprends pas pourquoi tu m'aides à séduire ta meilleure amie, fit remarquer Tom d'un ton suspicieux. »

En effet, il était choqué que Bill laisse sa meilleure amie aux mains d'un coureur tel que lui. Il avait séduit des dizaines de filles, et aucune n'avait jamais obtenu de lui plus que la plus belle nuit de sa vie. Lui qui n'avait pas de meilleure amie, savait que jamais il n'aurait réagit de la même façon que Bill. Mais ce garçon avait du passer la nuit à réfléchir à la situation, et savoir que sa meilleure amie était la cible de Tom semblait ne pas troubler ses plans outre mesure.

Bill, lui regardait Tom. Il était un peu intrigué. Et puis, Tom, en courant après Jimena, allait sans doute lui rendre un immense service.

Fin du Flash Back

Tom, adossé contre le mur. Face à lui, la porte de la salle dans laquelle se trouvait Jimena.

Il regarda sa montre, et remit sa casquette en place. Il ne restait que quelques minutes avant la fin des cours, et il comptait bien établir un contact. Il savait d'après ce que Bill lui avait dit qu'il lui faudrait du temps avant d'obtenir une vraie conversation avec la jeune fille. Autant dire qu'il n'était pas près d'obtenir un rendez-vous.

Alors que dans un vacarme assourdissant un flot impressionnant d'élèves sortaient des salles, au son de la sonnerie, Tom ne bougea pas. Bill lui avait bien expliqué que Jimena était toujours la dernière à sortir du lycée. Elle tenait à sa solitude, et c'était donc le meilleur moment pour lui parler. Bien sur, il n'était pas à l'abris de se faire congédier, mais il voulait tenter l'expérience.

Flash Back.

« - Bon, il te reste douze jours pour apprendre ce qu'il y a à savoir sur Jim.
- Jim ?
- Son surnom. Ne l'appelle jamais comme ça sans son autorisation.
- Ok. Pas de surnom.
- Ne lui propose pas d'aller boire un verre, ou de sortir. Si tu veux lui parler, fais-le à propos de musique, littérature, ou sport. Catch de préférence.
- Ok. Pas de sortie.
- Bon, j'dois y aller. Rendez-vous demain à la piscine, à 14h.
- A la piscine ? Elle est fermée en ce moment non ?
- Pas pour moi. Et puis comme ça, personne ne nous verra ensemble, c'est ce que tu veux non ? répliqua simplement Bill, une pointe de deception dans la voix.
- A demain alors. »

Et Tom raccrocha. Le regard fixé sur le téléphone. Il allait aller à la piscine avec Bill Mertër. Cela lui faisait un peu bizarre. Lui qu'il l'avait toujours vu comme quelqu'un de difficile d'accès, narcissique, ne l'était finalement pas tant que cela.

Avec un peu de chance, tout se passerait bien.

Fin du Flash Back

Et elle sortit de la sale. Le regard fixé droit devant elle, marchant d'un pas sur et alerte, elle était le genre de personne sur les lesquelles une foule s'écarte. Tom se décolla de son mur, et commença à marcher à ses côtés. Il s'y était attendu, elle ne réagit pas, ne tourna même pas la tête vers lui. Ils marchèrent ainsi, jusqu'à l'arrêt de bus. Avant que Jimena ne monte dans celui-ci, Tom ouvrit pour la première fois la bouche.

« - J'en ai marre du hip hop et du rap. On m'a dit que tu t'y connaissais en bonne musique. Tu me conseilles quoi ?
- J'ai pas le temps, là. Mais fais-moi découvrir quelque chose d'interessant, et je te passerai mes morceaux préférés.
- A demain alors, sourit Tom. »

Jimena avait parlé d'une voix froide, agacée sans doute qu'un inconnu s'adresse ainsi à elle. Et sa proposition était un réel défis, mais Tom était sur de lui. Il savait exactement quel morceau il allait lui proposer.

Après cette minuscule entrevue, il regarda sa montre et parti directement à la piscine, sac sur l'épaule. Il avait pris goût aux immenses bassins dans lesquels il pouvait nager presque seul. Y aller avec Bill avait cessé de le déranger, et puis ils nageaient chacun de leur côté. Ils parlaient un peu parfois, mais le silence leur faisait du bien.

Flash Back

Tom laissa tomber son sac sur le sol, devant la porte de la piscine. Bill n'était pas encore arrivé. Il sortir son téléphone de sa poche, et mis en lecture Wake Up, de Rage Against The Machine. Il adorait ce morceau, et se laissa complètement porter par la musique. Sans réellement s'en rendre compte, il se mit à tapoter sa cuisse en rythme. S'il avait eu sa précieuse guitare, il aurait sans aucun doute joué.

« - Sympa ce morceau. »

Tom sursauta en reconnaissant cette voix que maintenant il connaissait, et reconnaissait sans difficulté. Il se retourna, et tomba nez à nez avec Bill, un grand sourire plaqué sur les lèvres. Il avait un quart d'heure de retard, mais ne semblait pas gêné le moins du monde.

« - J'ai loupé mon bus, râla l'androgyne. On y va ? Poursuivit-il en brandissant un trousseau de clés. »

Une fois dans le bâtiment, après que l'androgyne eut bataillé un instant avec les multiples clés et allumé la lumière, les deux jeunes hommes s'enfermèrent chacun dans une cabine, et se changèrent.

Tom se sentait un peur bizarre, mais était heureux d'être ici. Aller à la piscine était quelque chose qu'il avait rarement fait avec ses amis, alors y aller avec Bill était un concept étrange. Il le savait par avance, il serait gêné que l'androgyne voit son corps. Pas à cause de son homosexualité, mais tout simplement parce que Tom était pudique. Qui aurait cru que jusqu'à présent, il n'avait jamais couché en plein jour ou la lumière allumée ?

Quand Tom se décida enfin à sortir de la cabine, son short de bain rouge lui tombant sur les hanches, et la serviette sur l'épaule, Bill était déjà prêt et semblait l'attendre, un short belu cachant le haut de ses cuisses. Tom eut un sourire ; leurs shorts étaient identiques, seule la couleur les différenciait. Il fut également surpris de voir que le corps de Bill n'était pas aussi gracile qu'il l'aurait pensé. Sa peau bronzée avait l'air vraiment douce.

En levant les yeux, Tom constata que Bill le fixait avec un petit sourire. Flagrant délit de matage. T'es dans la merde Tom. Il sentit ses joues rougir, et pourtant il n'était pas particulièrement gêné.

« - J'aime bien ton maillot, lança Bill en se décollant de son mur.
- Le tient est pas mal non plus, marmonna Tom.
- On y va ?
- Ouais. »

En entrant dans la piscine, après s'être rincé les pieds et avoir mouillé son corps, à l'exception des dreads qu'il avait attachées avec un énorme élastique. Tom inspira profondément. L'eau était agréablement fraiche, et le doux clapotis provoqué par son entrée dans le bassin le détendit immédiatement. Près de lui, Bill, sans prendre garde à ses cheveux qu'il avait lâchement noués, plongea sans plus attendre. Tom grogna en sentant les doigts de l'androgyne le frôler dans un mouvement de brasse. Il ressortit, quelques mètres plus loin, les yeux fermés, et sans prendre la peine de les ouvrir ou de dégager son visages des quelques mèches de cheveux qui le barraient, se mit à faire la planche, les doigts semblant caresser l'eau. Tom prit la même position que lui, près de lui, et ferma à son tour les yeux. Il était bien, vraiment. Sentir l'eau caresser son corps, même si ses dreadlocks étaient mouillées, lui faisait un bien incroyable. Il ne pouvait pas comparer cette sensation ave celle d'une douche ou d'un bain, c'était tout simplement unique.

Tout à coup, sans comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva la tête sous l'eau, les bras battants veinement pour essayer de sortir de l'eau. Des mains fines, mais pourtant fermes, le maintenaient sous l'eau. Paniqué, il aggripa les poignets délicats avec force, et sentit aussitôt la poigne de Bill s'affaiblir. Toussant, crachant l'eau qu'il avait avalée, il ouvrit les yeux, rougis sans doute par le chlore.

« - Je peux savoir ce qu'il t'a prit ? T'es complètement barge ou quoi ?
- Je ... désolé, je t'ai appelé, je t'ai prévenu, j'ai cru que ... que tu m'avais entendu, balbutia Bill en reculant, se cognant contre le bord de la piscine. »

Tom ne répondit pas. Ce que disait Bill était possible, probable même. Il n'était pas rare qu'il soit perdu dans ses pensées, à tel point que le monde autour de lui perdait toute son importance. Il n'entendait plus rien, seules ses pensées avaient une importance, et il était probable que l'effet calmant de l'eau ait amplifié cet effet.

« - Tom ? Tom ? S'inquiéta Bill, encore peu assuré.
- Oui ?
- Je suis désolé, je voulais pas te faire peur.
- Je sais. Mais il va falloir que je me venge maintenant ... »

Tom se retint de sourire devant la mine mi-inquiète, mi-étonnée de Bill qui finit pas se détendre et sourire. Il défiait Tom, réellement, et bien, il allait apprécier le voyage, promesse de Tom Kaulitz.

Le reste du temps, ils parlèrent de Jimena. Bill lui confia que la jeune fille, grande timide, manquait d'assurance avec les garçons, et à part ceux de sa bande, pour la plupart homosexuels, et Bill, elle ne tolérait aucun individu du sexe opposé.

Ainsi, Bill comptait sur Tom pour redonner à Jimena son assurance, qu'elle comprenne qu'elle pouvait plaire. Il avait beau lui avoir répété un nombre incalculable de fois qu'elle était belle, et que beaucoup de garçons seraient ravis de l'avoir comme petite amie, elle n'était cependant pas sa meilleure amie pour rien : dire qu'elle était têtue était un euphémisme.

Tom ne fut pas réellement surpris des informations que lui avait donné Bill. Il n'avait jamais vu la jeune femme accompagnée d'autres personnes que ses amis proches. L'après midi passa rapidement. Les deux jeunes hommes furent surpris de s'entendre bien, de se trouver autant de points communs. Fils uniques, même passion pour la musique, ce besoin de solitude qu'ils avaient de temps en temps, chose totalement incomprise par leurs amis. Ils auraient pu être amis, pensa Tom. Dans une autre vie. Il ne se voilait pas la face : cette histoire ne se finirait jamais par une amitié.

Malheureusement, vint l'heure de quitter les lieux. La piscine était nettoyée chaque jour à 18h, et l'heure fatidique approchait, ce que Bill signala à Tom d'une voix ensommeillée. Ils avaient passé l'après midi à se détendre de sujets de discutions en silences agréables.

L'un après l'autre, ils sortirent de la piscine. Tom suivit Bill le long du bassin, et fut surpris de constater que malgré ses cheveux longs qui pendaient dans son dos, Bill ne ressemblait pas à une fille de dos non plus.

Il grogna quand il faillit tomber, et une idée – lumineuse ? – lui traversa l'esprit. Il n'avait pas oublié la vengeance qu'il avait promise à Bill. Silencieusement, il s'approcha de Bill, et le prenant par les épaules, le jeta dans l'eau. Bill, en tombant, poussa un cris qui fit beaucoup rire Tom. Vraiment très drôle. Il rit beaucoup moins quand il sentir une main agripper sa cheville et le tirer dans l'eau. Il prit sa respiration de justesse, tomba sur Bill, qui par reflexe le réceptionna dans les bras. Tom s'était attendu à boire la tasse, ou du moins à se retrouver immergé. Mais non, il était dans les bras de Bill Mertër, qui finit par le lâcher en riant. Bientôt, le dreadé se joignit à son hilarité. La scène était vraiment tout ce qu'il y avait de plus ridicule. Ils sortirent une nouvelle fois de l'eau, et ce coup-ci, ils arrivèrent dans les vestiaires sans encombre.

Cependant, se changer ne fut pas une tache facile pour les deux jeunes hommes. Bill, en entrant dans la cabine, étouffa un cri de surprise : il bandait.

Tom s'en était-il aperçu ? Si c'était le cas, il était vraiment dans un beau merdier. Il ne pourrait plus jamais le regarder en face !

Fin du Flash Back

Une fois de plus, Tom et Bill passèrent la soirée à la piscine, entre détente et jeux. Leur relation n'était pas devenue franchement amicale, mais une certaine complicité s'était formée entre les deux adolescents.

« - Jim m'a dit que tu lui avais parlé, cet après midi, lança tout à coup Bill, accoudé au bord du bassin, alors que Tom passait devant lui.
- Ouais. J'lui ai demandé de me passer de la bonne musique.
- Ca l'a impressionnée je crois. Et tu vas lui faire écouter quoi ?
- Rage Against The Machine. La chanson que t'as bien aimée l'autre fois, précisa Tom devant le regard interrogateur de Bill.
- Ah oui ! Il faut que je la trouve d'ailleurs.
- Elle va aimer ?
- Hum ... Oui, possible, sourit Bill. »


Lorsque Tom rentra chez lui, les cheveux encore trempés, il était détendu, calme. Autour de lui, les enfants jouaient, profitant des premiers beaux jours. Le jeune homme leva les yeux au ciel. Son quartier n'avait rien à voir avec celui de Bill. Là, les maisons se suivaient et se ressemblaient, petit jardin en bonus, voiture garée dans l'allée ou dans le garage. Lui, il habitait tout au bout de la rue, près d'un petit bois. Sa mère adorait l'emplacement de leur maison.

En entrant chez lui, où sa mère préparait le repas, Tom se sentit soudain étouffé, mal à l'aise. Les odeurs de la maison lui prirent le nez, et il sentit son estomac se nouer. Ce soir encore, il espérerait vainement que son père rentre, comme il le faisait depuis six mois. Cela faisait longtemps pourtant que sa mère avait cessé d'y croire. Les premiers jours, elle avait continué à disposer trois assiettes sur la table, et puis elle avait renoncé.

Tom, lui, gardait espoir. Il savait que son père ne reviendrait pas, mais il continuait à avoir besoin de lui.

Avant que sa mère ait eu le temps de le saluer, il s'enferma dans sa chambre. Dans son monde. Sur le mur, plusieurs guitares étaient accrochées. Electriques comme sèches, il ne pouvait concevoir la vie sans ses précieuses guitares. Ses chéries. Avec elle, il exprimait tout. Joie. Tristesse. Colère. Bonheur. Doutes. Tom était quelqu'un de naturellement peu bavard, avare de mots. Ses sentiments, il les utilisait pour faire vibrer les cordes de ses Gibson.

Après avoir jeté ses chaussures en soupirant, Tom se mit à ses devoirs. Les maths, il détestait. En vérité, il n'avait qu'une hâte : finir ses devoirs des matières principales pour attaquer ceux de musique. Bien que fan de rap et de hip-hop, il admirait l'énergie du rock, et sa prof l'avait défié d'écrire – et le cas échéant de trouver – une musique qui corresponde à la pluralité de ses goûts. Le morceau il l'avait découvert peu de temps auparavant, mais il avait tout de même décidé d'écrire une partition, parce que c'était son petit plaisir, tout simplement.

Il était sur le point de trouver un bon accord, il le sentait, quand son téléphone se mit à vibrer dans sa poche. Surement Georg, pour une raison x ou y. Ils passaient des heures au téléphone, à se raconter des trucs souvent sans intérêt, quand bien même ils avaient passé leur journée ensemble. Il n'était d'ailleurs pas rare que des blancs de plusieurs minutes s'installent.

Erreur. C'était Gustav. Tom fronça les sourcils. Le blond détestait le téléphone, tout comme le net lui faisait horreur.

« - Tom ? C'est Gus !
- Je sais, ton nom s'affiche quand tu appelles.
- Ah ! Euh ... Tom, il faut que je te dise un truc super important !
- Quoi ?
- Quelqu'un t'as vu sortir de la piscine avec Bill Mertër. Et je crois que tout le monde est déjà au courant. »

Déjà Tom ne l'écoutait plus. Quelqu'un l'avait vu en compagnie de Bill. Etrangement, cela ne le dérangeait pas tant que cela. Il en était venu à apprécier ces entrevues. Seulement voilà, les gens ne comprendraient sans doute jamais ceci. Dans son oreille, Gustav continuait son babillage, si bien que Tom lâcha un « Oups » contrit et reposa le téléphone. Il se pinça l'arrête du nez, et composa le numéro de Bill qui bien sur ne répondit pas. Agacé, Tom laissa un message et envoya valser le combinait sur son lit.

De la cuisine, sa mère l'appela pour manger.

« - Bonne journée mon chéri ? lui demanda-t-elle alors qu'ils se mettaient à table.
- Ouais. J'suis crevé.
- C'est la piscine qui fait ça. C'est de la bonne fatigue. »

Tom ne répondit pas. Pas plus qu'il ne parla pendant le reste du repas. Il avait un peu peur des regards qui se poseraient sur lui le lendemain.

Et le jour dit, il se rendit compte à quel point il avait eu raison. Il trouva Georg et Gustav en train de rire aux blagues d'Andreas, Bill attendant d'un air morose à côté, tenant du bout de ses doigts fin une cigarette. Un micro sourire sembla illuminer son regard quand il vit Tom. Autour d'eux, les élèves les observaient, se poussant du coude, commentant le moindre de leur geste. Ils se saluèrent et comme si ça avait été habituel, ils se mélèrent à la conversation.

Le reste de la semaine passa ainsi, et les regards finirent par se détourner. Le vendredi, Tom interpella Jimena, et lui tendit un cd, sur lequel il avait gravé Wake Up, et sa compo, qu'il avait finalement réussi à terminer et à enregistrer la veille au soir. Pour la première fois, il la vit esquisser un sourire. Et son visage fin en fut littéralement illuminé. D'une voix pourtant un peu froide, mais il supposa que c'était sa façon de parler, elle prononça quelques mots :

« - Moi c'est Jim, et toi ?
- Tom !
- Tom ... Ok ! »

Et elle partit rejoindre ses amis qui avaient surveillé l'échange. En retournant vers Bill, Tom fut surpris de voir ce dernier arborer un regard étrange, un peu triste peut-être. Il aurait dû être content pour lui non ?! Tom sentit son c½ur se serrer, mais n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à cela, parce que déjà Bill masquait sa peine ( ? ) avec un sourire fier qui aurait fait plaisir à Tom, dans d'autres conditions. Georg lui tapa dans le dos, sans pouvoir s'empêcher de lancer une blague vaseuse à laquelle Andreas répondit. Ni eux ni Gustav ne savaient ce qui liait réellement Bill et Tom. D'ailleurs, leur dire était quelque chose que l'un comme l'autre refusaient. Aucun des deux ne savait de quoi serait fait l'après Jimena, mais y pensaient-ils seulement ?

Au cours des trois semaines suivantes, Tom se rapprocha de Jimena et apprit à la connaître. Tout avait commencé quand la jeune femme avait déclaré avoir adoré Wake Up, et plus encore la musique écrite par Tom. Elle lui avait passé sa Play-liste, et il n'avait pas été déçu du voyage. Tous les jours, ils partageaient quelques mots durant quelques minutes, et Tom le sentait, elle accepterait un rendez-vous. Alors qu'il se rendait au lycée, son enthousiasme était énorme.

Bill et lui avaient mis en place une complicité incroyable, et les soirées à la piscine étaient devenues quotidiennes. Même si par moment l'androgyne devenait distant, et évitait de parler de l'après. Tom ne comprenait pas ce comportement, qu'Andreas lui avait conseillé d'oublier.

A la fin de la journée, les espérances de Tom furent exaucées. Jimena accepta un rendez-vous au parc près de chez elle, la semaine suivante. Etrangement, Tom ne ressentit pas une joie si grande qu'il l'avait imaginée. Un n½ud se forma dans son ventre. Il était plus mal à l'aise qu'heureux en réalité. Le visage de Bill ne faisait qu'envahir son esprit. Il se rendit immédiatement chez lui. Il devait le remercier pour son aide si précieuse, pensa-t-il ironiquement.

Pendant 15 jours, il lui avait appris à connaitre Jimena, et mine de rien, maintenant ils se connaissaient bien, lui et Bill. Tom voulait le remercier comme il le méritait. Il arriva chez lui, sans réellement s'en rendre compte. Cette fois, il n'eut pas peur de sonner. Bill vint lui ouvrir rapidement, un sourire aux lèvres. Il s'était beaucoup attaché au guitariste et fut heureux de le voir. Tom, dans sa grande spontanéité, lui sauta au cou et lui dit en riant :

« - Bill Mertër, je t'aime ! Elle a accepté le rendez-vous, je suis tellement content. »

Et tout bascula.

Le regard de Bill se fit froid, et il repoussa Tom durement .D'une voix étrangement sourde, cassée, chose que ne remarqua pas l'autre sur le coup, il dit :

« - Moi je ne t'aime pas. Nous n'avons plus rien à nous dire. Dégage.
- Mais ... Bill ...
- Dégage ! »

Tom, sous le choc, fut obligé de reculer. Il ne comprenait pas le comportement de Bill, et son regard froid lui faisait horriblement mal. Trop mal. Etrangement, il sentait ses yeux le piquer alors que Bill refermait la porte violemment. Tom resta un peu immobile, puis tourna le dos à l'imposant bâtiment.

Le lendemain, quand il arriva, Georg, Gustav et Andreas étaient en pleine discussion ; Bill, à côté, avait la mine sombre, et ses yeux étaient un peu trop rouges. Ses lèvres pincées firent mal au c½ur à Tom, et quand il vit Jimena arriver à grands pas vers l'androgyne, il comprit que la situation était grave.

Minuscule et impressionnante, elle prit l'androgyne par le poignet et l'entraina sous un arbre. Tom ne pouvait détacher le regard des deux amis, fasciné par eux. Il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour Bill, même si la colère et l'orgueil lui interdisaient pour le moment d'agir, d'aller voir Bill et de lui parler. Plus tard, peut-être. Il avait eu beau y réfléchir toute la soirée, il n'avait pas compris le comportement de Bill. Pourquoi l'envoyer balader alors qu'il l'avait accueilli avec un immense sourire. Sous l'arbre, les deux amis s'étaient assis au milieu de l'herbe encore fraiche et des pâquerettes. Bill, adossé au tronc imposant du chêne, parlait en faisant tantôt de grands gestes, tantôt en baissant la tête honteusement. Jimena, elle, avait sorti de son sac un paquet de mouchoirs et essuyait tendrement les yeux de l'androgyne de temps en temps. Parfois, leurs regards se tournaient vers Tom, et ce dernier se surprit à rougir. Il se tourna vers ses amis qui le fixaient.

« - Quoi ? Demanda-t-il abruptement.
- T'es bizarre, dit doucement Gustav.
- Rien, tout va bien, corrigea Andreas en fusillant le blond du regard. »

Ok. Ils avaient sans doute parlé de lui. Il se tourna une dernière fois vers Bill et Jimena, et se demanda pour la énième fois ce qui pouvait bien se passer. Il avait presque réussi à en oublier le rendez-vous qu'il avait obtenu de Jimena. Bill passa le reste de la journée en compagnie de Jimena, et condamna ainsi Tom à s'interroger un peu plus chaque instant.

Ce dernier eut cours jusqu'à dix-huit heure, et fut étonné de voir Jimena le rejoindre alors qu'il allait prendre son bus. Il ne lui parla que quand ils arrivèrent à leur place dans le véhicule.

« - Qu'est-ce que tu veux ?
- Te parler.
- De quoi ?
- Tu ne t'en doutes pas ? Vraiment ?
- Non.
- Ne joue pas au con Kaulitz, le menaça-t-elle. Tu sais que Bill va mal, et tu t'en moques.
- Non ! Il m'a demandé de ne plus jamais lui parler !
- T'as vraiment rien compris hein ! Se radoucit la jeune fille.
- Ce mec est une tête de mule ! C'est tout !
- Si tu le dis ... Au fait, j'annule notre rendez-vous. Je dois m'occuper de mon meilleur ami.
- Ah ... Donc tu sais ?
- Quoi ? Que tu voulais juste me baiser ? Oui. Mais je t'aime bien quand même. Et je e suis pas la seule concernée par cette histoire ...
- Quoi ?
- A demain, peut-être ... »

Abasourdi, il la regarda descendre du bus. Décidement, plus ça allait, et moins il comprenait la situation. Bill le boudait, et allait visiblement très mal. Il n'avait pas semblé sourire de la journée, et d'après ce que Tom avait vu, il n'avait pas touché à son plateau, au self.

Pourquoi donc était-il dans cet état ? Et pourquoi cela faisait-il mal avec tant de force à Tom ? Il connaissait si peu le garçon, et pourtant sa souffrance déchirait son c½ur en confettis.

Soudain, des images se formèrent dans sa tête. Bill lui souriant. Bill le regardant. Bill riant de ses blagues. Bill en maillot de bain. Bill déçu. Le rire de Bill. Bill. Bill. Bill. BILL ! Il était rempli de lui, fascine par sa personnalité. Pas de Jimena en lui, non, que Bill, cache bien au chaud dans un coin de son esprit, et son souvenir gardé soigneusement dans son c½ur.

Un mois que tout avait commencé. Et sa vie avait basculée. Il se refusait de penser à ce mot si tranchant, si douloureux à prononcer lorsqu'on le connait mal. Il se trompait, c'était forcé. Une évidence. Non, il ne le voyait pas comme autre chose qu'un ami, bien sûr que non. Quelle idée ! Et pourtant, son c½ur battait, trop vite, bien plus vite qu'il n'aurait du le faire. A l'arrêt suivant, il sauta du bus, et sans réfléchir, courut jusque chez Bill. Et il ne sonna pas. Il ne pouvait pas aller le voir ainsi. Heureusement, il savait où vivait Jimena, et courut de nouveau, jusque chez elle. Quand elle lui ouvrit la porte, elle sourit franchement. Il avait enfin compris.

« - Il faut que tu m'aides ! »



Deux jours plus tard, Tom sonnait chez Bill. Ce dernier lui ouvrit et soupira. Il avait loupé les deux derniers jours de cours, et Tom compris à ses yeux rouges qu'il n'allait réellement pas bien. Dans la maison, il faisait une délicieuse fraicheur. Ils s'installèrent sur l'immense canapé de cuir blanc, sans échanger un regard.

« - Bill... Je suis désolée de ne pas avoir compris plus tôt ... On a passé tellement de temps ensemble. Et je t'appréciais, vraiment. Aller à la piscine avec des amis, je ne l'avais jamais fait, tu as été le premier. Je .. je suis pas aussi bavard que toi, et, oh putain je m'exprime comme une merde ! J'aime parler avec toi, et euh ... même nos silences me sont agréables. Nos amis se sont rapprochés, et moi qui avait peur du regard des autres, ça m'est égal maintenant. J'aime être avec toi, c'est tout. Et quand tu m'as viré de chez toi, j'ai pas compris. Pas compris pourquoi, et pourquoi j'me sentais aussi mal. Pas compris pourquoi j'avais envie de parler, alors que quand mon père est parti, je suis allé en boîte le soir même. Je sais pas quoi te dire, je suis pas capable de te faire des promesses, mais s'il te plait, Bill, ne m'ignore pas. J'ai compris. Jimena ne sera jamais qu'une pote, alors que toi ... Je t'ai dans la tête, dans le c½ur, l'âme. Je rêve de toi. Putain ! Je ... je t'ai même écris une musique, chuchota Tom si bas que Bill dut s'approcher pour entendre. Quand je t'ai vu dans la cour ce matin, quand je t'ai vu pleurer, j'me suis senti super mal, et j'avais envie de tuer la terre entière, parce que tu étais mal. Merde, je parle tout seul comme un con, je sais même pas si tu penses comme moi, mais tant pis, ce s'ra fait. Ca me ressemble pas les discours comme ça, mais c'est d'autant plus sincère. Vraiment. »

Tom se tut et baissa les yeux. Sa gorge le brûlait de parler, et ses mains tremblaient. Oui, il avait été sincère. Tom n'aimait pas que l'on voit ses sentiments. Il était timide de nature, et exposer ce qu'il avait de plus personnel à la connaissance de Bill avait été difficile, moins qu'il ne l'aurait pensé cependant. Il avait peur de la réaction de l'androgyne, peur qu'il le rejette, peur d'avoir mal compris quelque chose. Peur de se ridiculiser, d'être abandonné, chose dont il ne se remettrait sans doute pas. Il sentait que Bill allait parler quand la porte d'entrée claqua. Une femme, magnifique, la mère de Bill, entra dans le salin. Son regard aimable se posa sur Tom, puis sur Bill.

« - Chéri, nous allons au restaurant ce soir. Tu vas devoir raccompagner ton ami. Ravie de vous avoir rencontré, jeune homme.
- Moi aussi Madame, répondit Tom en se levant pour partir. »

Bill le suivit jusqu'à la porte. Sans un mot. Tom sortit de la maison et commença à marcher dans l'allée. Soudain, il fut tiré en arrière, et avant de pouvoir dire ouf, il sentit les lèvres chaudes de Bill se poser sur les siennes, sa main caressant sa joue avec tendresse. Le baiser ne s'approfondit pas, et bientôt Tom se retrouva dehors, seul, le goût de Bill encore sur les lèvres.


Tom était indécis. Réellement. Bill n'avait pas eut le temps de répondre quoi que ce soit, et son visage n'avait rien exprimé. Mais il l'avait embrassé, bon sang ! Et d'une façon que Tom n'avait jamais connue auparavant. Il sentait encore la chaleur de ses lèvres contre les siennes, et ses doigts frais. Et ces frissons dans son corps ! Jamais il n'avait ressentit cela Mais ... et si Bill avait eut pitié de lui ? Et si ce geste n'avait été qu'amicale ? Un geste de réconfort ? Tom sentit ses poils se hérisser sur ses bras, et une sueur glaciale couler dans son dos. Il avait peur Normal nan ?! Oui, il venait de se rendre compte que Bill l'attirait, et qu'il était donc homosexuel. Vraiment ? Non, vraiment pas. Il avait vraiment toujours aimé coucher avec des filles. Là, c'était uniquement de Bill dont il s'agissait. Et puis, pour la première fois, il se sentait capable d'une relation.

Tom à Georg. 17h02.
« Hey mec ! Il faut vraiment que je te dise un truc; T'es tout seul là ? »

Georg à Tom. 17h10.
« Nan, j'suis en ville avec ma soeur. Tu veux quoi ? »

Tom à Georg. 17h13
« Je crois que je suis sexuellement et sentimentalement attiré par un individu du même sexe que moi. »

Georg à Tom. 17h17
« Ouais, t'es PD quoi ! »

Tom à Georg. 17h18
« Euh ... ouais ! »

Georg à Tom. 17h20
« Ecoute, j'suis sur que Bill partage tes sentiments. Alors tu fais pas chier avec tes doutes, tu le prends dans un coin et tu le bouillaves ! »

Tom posa son téléphone avec un sourire. Comment Georg avait-il s qu'il était question de Bill ? Tom ne chercha pas à comprendre. Géo le connaissait mieux que personne, mieux même que sa mère. Gustav, c'était différent. Il le soupçonnait d'avoir compris avait Tom lui-même. Et il se contenterait d'un sourire quand Tom le lui dirait de vive voix. Plus tard dans la soirée, Tom n'avait pas quitté sa chambre. Il avait passé le reste de l'après midi avec sa guitare, et avait composé plusieurs morceaux. Plusieurs fois, il avait recommencé, s'était un peu enervé, mais l'image du sourire de Bill ne l'avait pas quitté, et lui avait donné une patience et une persévérance que jamais il n'avait pensé avoir en lui. Dans ces morceaux, il disait ses doutes, ses questions. Parce que oui, Bill l'avait embrassé. Mais embrasser quelqu'un n'avait jamais été une promesse. Sa mère avait bien compris que quelque chose clochait, que son fils était taraudé par quelque chose. Mais elle le connaissait, et n'avait donc pas insisté. Aussi, quand Tom entendit frapper à sa porte, il crut que la curiosité naturelle de sa mère n'avait pas résisté bien longtemps, finalement.

« - Tom, il y'a quelqu'un pour toi !
- Laisse entrer. »

Georg surement. Il avait l'habitude de venir chez lui à l'improviste, et la mère de Tom ne s'en était jamais formalisé ; elle adorait le jeune bassiste. Tom resta donc dos à la porte, ses doigts parcourant tendrement sa guitare sèche. Concentré, il ne remarqua pas que la porte fut refermée avec une douceur inconnue à Georg, que la démarche sur le parquet était plus gracieuse, aérienne, et que le parfum était ô combien plus sensuel.

Bill, un peu intimidé par l'univers de Tom. Les guitares, les posters, les vêtements trainant par ci par là, les emplis, les photos. Et Tom surtout, sur son lit, qui semblait enlacer son instrument.

« - Tu seras aussi tendre que cela avec moi ? Chuchota Bill timidement, il n'avait pu s'en empêcher. »

Tom se retourna, et faillit faire tomber sa Gibson sur le sol. De justesse, il la rattrapa. Il posa son regard sur Bill, étonné de le voir ici. Il était éblouissant de beauté. Il se leva d'un bond, et en marmonnant des choses que Bill ne comprit pas, se mit à ranger sa chambre, balançant les vêtements qui trainaient dans la penderie. Bill se mit à rire, et ce fut ce son qui stoppa les gestes désordonnés du guitariste.

« - Tu te moques de moi ! S'indigna-t-il.
- Non, non, du tout, répliqua innocemment l'autre, continuant cependant à rire.
- Si, tu te moques, bouda Tom.
- Un tout petit peu, concéda Bill en s'approchant lentement du dreadé. »

Tom le regarda approcher. Il sentait ses mains trembler, et les cacha donc dans ses poches. Il regard de Bill avait radicalement changé. Tentateur. Dangereux. Désireux. Il n'avait jamais vu ce genre de regardn chez une fille, et savait qu'il ne l'avait pas eu, pas plus que la sensation qui s'était emparée de lui à cet instant. Est-ce que finalement il n'était pas fait pour les filles ? Ou était-il simplement fait pour Bill ? Quelle serait la finalité de cette histoire ? Cul ? Amour ? Oh bon sang, ce mot faisait tellement peur à Tom. Il n'avait jamais aimé, et pourtant il se rendait compte qu'il avait envie d'y croire. Et les yeux de Bill dans les siens, ses sourcils légèrement froncés, et son souffle chaud déjà sur sa peau.

Les doigts de Bill qui s'approchent, et entrent en contact avec les joues de Tom. Explosion de sensations, papillons dans le ventre. Doucement, ils parcourent le visage du guitariste, et Bill ferme les yeux, comme pour laisser aux doigts fins l'occasion de mémoriser ses traits, tout ce qui faisait que Tom était Tom. Son grain de peau, l'arrête douce de son nez, ses longs cils, ses joues si douces, ses lèvres charnues juste comme il faut. Et puis Tom, lui garde les yeux ouverts, garde les mains au fond de ses poches. Il rêve de toucher Bill à son tour. Il se décide. Ses mains calleuses se posent sur celles de Bill, et les amène à sa bouche, les embrasse. Bill ouvre les yeux, de grands yeux brillants. Et une fois de plus, Tom se sent décoller quand ce regarde magnifique se pose sur lui. Il se sent honoré, étonné un peu aussi, que Bill le désire tant, le veuille si fort. Pour lui, pour ce qu'il est. Tendresse extrême. Doutes.

« - Bill ?
- Oui ...
- Je ... Tu ... Il me faut des réponses, chuchote Tom
- Quel genre de réponses ?
- Tu fais exprès ?
- Un peu oui, sourit Bill.
- Coquin ! Rit Tom, malgré les battements désordonnés de son c½ur.
- Hum. Je ressens quelque chose pour toi Je ne sais pas si ça marchera. Mais j'ai envie d'essayer. De nous donner une chance. Tu me plais. Ta personnalité me plait. Et ... mes sentiments pour toi son déjà fort. Ca m'a fait tellement mal de voir que tu semblait si heureux d'avoir réussi à avoir un rendez-vous de Jim. Alors que moi ... je m'étais attaché à toi, tellement, pendant tout ce temps. Et j'ai eu l'impression que notre complicité tombait à l'eau.
- Ce ne sera pas ... que du cul ?
- C'est plutôt moi qui devrai te poser cette question tu ne crois pas ? Répliqua doucement Bill en posant son front sur celui de Tom.
- Hum.
- Non, pas que du cul. J'ai vraiment dû prendre sur moi pour venir.
- J'aime sentir ton corps près du miens, comme ça.
- On peut être encore plus proches si tu en as envie.
- Embrasse moi. »

Dans les films, les amoureux ferment les yeux, et s'embrassent avec passion. Mais Bill et Tom ne vivent pas dans un film, alors ils gardent les yeux ouverts. Plongent dans le regard de l'autre alors que leurs lèvres se découvrent, que leurs langues forcent le barrage des dents de l'autre. Les mains de Bill autour du visage de Tom, les bras de ce dernier serrant le corps de l'autre contre lui, pour sentir sa chaleur, pour ne fait qu'un déjà avec lui. Et puis tout devient merveilleusement tendre, rêve de bonheur qui enfin s'accomplit. Tom pousse doucement Bill vers le lit, tout en continuant à l'embrasser, et décidément, les papillons ne quittent pas son ventre. Il sent son corps réagir, mais il veut prendre son temps, la passion viendra plus tard. Parce que, avec Bill, la baise devient amour, et la sauvagerie devient tendresse. Oui, la passion viendra plus tard. Les mains fraiches de Bill sous le tee-shirt de Tom éveillent un peu plus ses sens, et quelque part au fond de son esprit, il décide qu'il ne sera pas le seul à être touché, et surtout, que Bill va bientôt être nu face à lui, dans la lumière de la fin de journée. Les hauts volent, et chacun regarde l'autre. Leurs regards sont partout à la fois, caressent le corps du vis-à-vis, pas de fausse pudeur. C'est leur première fois ensemble, mais ils ont une certaine expérience déjà. Tom se sent un peu maladroit, mais Bill le rassure, le pousse doucement sur le lit, et l'embrasse. Dans le cou, coup de langue, le long de la clavicule. Le nez est partout, il s'enivre de l'odeur tellement unique. Bill guide Tom, sans jamais se moquer de sa maladresse tellement émouvante. Il sait que quelque part, il est le premier de Tom, et qu'est-ce qu'il s'en sent fier. Ensembles, couchés sur le lit, les draps blancs sous eux, partout, ils voient les étoiles, déjà, alors que leur étreinte reste innocente. Bill soupire, gémit un peu, quand Tom passe ses mains sur son torse, jouant avec lui, et quand sa langue trace des spirales infernales sur sa peau, mystérieuse arabesques jouissives, il se mort violemment la lèvre pour ne pas gémir plus fort encore. Tom remonte, l'embrasse, et lèche sur sa lèvre le sang qui coule un peu. Bill sait que ce sera Tom qui ira en lui, qui le fera siens, parce que pour une première fois, être dominé peut être assez traumatisant, il le sait lui-même. Il laisse Tom découvrir son intimité, le guide, cri un peu, pas assez rapide pour se retenir. Tom l'embrasse, même si il a un peu peur, il reste tendre, prévenant envers Bill. Découvrir l'autre nu n'a été un problème ni pour l'un ni pour l'autre. Ils se sont regardés tendrement, des étoiles plein les yeux. Et se sont de nouveau sauté dessus. Quant Tom le pénètre, après l'avoir longuement préparé, Bill laisse échapper quelques larmes. Mais la douleur recule sous les assauts du plaisir, et Tom qui continue à l'embrasser, et lui murmure des mots tendre à l'oreille, mots qu'il prononce pour la première fois. Bill le sent, parce que la voix devenue rauque tremble un peu.

Ils s'endorment l'un contre l'autre, étroitement serrés, nus encore, les draps sont retombés sur le sol depuis longtemps. Le soleil a déjà laissé sa place à la lune. Les deux amants viennent de faire l'amour pour la première fois. Non, ils n'ont pas dit les mots magiques, ceux qui font jouir en un instant, non, parce qu'ils sont intelligents, et ils attendent de ressentir réellement ce sentiment qu'est l'amour pour le dire à haute voix. Ils ont du chemin à parcourir, des regards à faire se détourner, des mentalités à changer, des gens à convaincre qu'ils ont changé tous les deux.

La volonté est là, l'espoir aussi.

La partie vient de commencer, et elle n'est pas prête de s'arrêter.


J'ai quelques remerciements à adresser. D'abord, Mow, ma Mow, cet OS est pour toi. Tu as su me pousser à écrire cet OS, que j'aurai sans doute abandonné sinon. Je ne compte plus les heures de cours ou tu as pris les cours à ma place, alors que j'écrivais cet OS. Merci à toi donc. Merci aussi à Loulou, et à tes commentaires adorables. Je te connais depuis peu, mais tes mots me sont déjà indispensables. Merci donc à toi aussi. Merci à tous ceux qui croient en moi, malgré le temps que j'ai mis pour écrire cet OS.

# Posté le mardi 06 mai 2008 12:09

Modifié le samedi 31 mai 2008 16:58

Troisième. A chaque pas.

Troisième. A chaque pas.



____Voici le deuxième One-Shot promis, qui était __arrivé en seconde place lors des votes. Il est __beaucoup plus court que le premier, mais j'avoue __avoir été au final un peu moins emballée par __celui-ci. J'ai quand même pris un grand plaisir. __J'avais prévu d'écrire un lemon, peut-être vous y __attendiez-vous, mais j'ai finalement changé d'avis. __Cependant, si vous le voulez, demandez le moi, et je __l'écrirais comme bonus. Je suis actuellement en __train de préparer un nouvel OS, donc pas de vote __pour le moment. Je pense innover d'ici peu ... Enfin __je vous laisse la surprise. Merci de votre fidélité. <3










___A chaque pas, il laissait son empreinte dans le sable froid, mouillé par la pluie comme par les vagues qui allaient et venaient, léchant ses chevilles, le faisant frissonner comme jamais. Le vent faisait danser ses cheveux noirs autour de sa tête, comme une auréole maléfique. Il baissait la tête, regardant l'écume qui venait se déposer sur ses pieds, si bien qu'un observateur n'aurait put voir son visage.

Le soleil commençait à tomber, doucement, et ses reflets sur l'eau donnaient une impression de rêve, de paradis au lieu. Le clapotis des vagues était le seul son qui venait briser le silence de la plage.

Il était bien, ici, à se balader sur cette plage déserte, pieds nus, le pantalon remonté sur les chevilles, les cheveux au vent. Impression de liberté, comme les mouettes qui tournaient autour des bateaux de pèche, sur le port. Il se sentait bien, simplement. Libre. Comme trop peu souvent depuis quelques temps. Le silence lui faisait presque mal au crâne, lui qui était tellement habitué au vacarme de son métier.

Ici, que de la lumière naturelle, pas de maquillage. Plus de place pour le faux. Pour le mensonge. Pour la comédie.

Il marchait sur cette plage, depuis quelques minutes. Derrière lui, plus haut sur la plage, au bord du chemin, une énorme voiture était garée. Cadillac. Noir. Vitres teintées. Plaque allemande. Tellement énorme qu'elle avait eu du mal à se faufiler sur le chemin, à peine entretenu. Le charme rustique du lieu, la beauté du petit ruisseau le long du chemin, avait dissuadé de la moindre critique.

Et puis c'étaient les vacances, et il tenait à en profiter. Il ne comprenait pas réellement ce qu'il faisait en Bretagne, dans le coin le plus reculé du monde qui soit, du moins pour lui, mais il avait senti que c'était le bon endroit, et le bon moment.

Mois de juillet. Temps presque trop parfait pour être réel, surtout dans ce coin de la France. Et il aimait ça. Savoir que d'une minute à l'autre la pluie pouvait lui tomber dessus. Il aimait savoir qu'il pouvait encore exister des choses imprévues, totalement indépendantes de la volonté humaine.

Il resserra ses bras autour de lui, et ferma sa veste fine, mais on avait beau être en été, la température n'allait pas plus haut que vingt degrés, et la fraicheur du soir lui tombait dessus, peu à peu. Il commençait à frissonner, mais il ne voulait pas remonter dans le mastodonte qui servait de voiture à son frère. Il continuait à marcher, faisant les cents pas sur la longueur de la plage.

Est-ce qu'il attendait que son frère vienne le chercher ? Sans doute. Depuis quelques temps, leurs relations avaient changé, évolué. Plus de proximité comme avant, plus de câlins comme ils en avaient l'habitude. Ils s'étaient éloigné, simplement. Comme finissent par le faire tous les frères et s½urs du monde, à un moment ou un autre. Eux, ils l'avaient fait beaucoup plus tard. Dormir avec son frère quand on a quinze ans, et continuer les années suivantes, c'était pas quelque chose de courant.

Il baissa la tête. Les cailloux, à ses pieds. Sur certains, des coquillages s'accrochaient. D'autres étaient lisses, ou encore cassés par endroit. Ces cailloux étaient un peu comme sa vie. Toujours différents, changeant, imprévisibles. Personne, en plongeant la main dans l'eau, ne pouvait prévoir le caillou qu'il allait en sortir. Il était comme la main qui plongeait à l'aveuglette. Il ne savait jamais de quoi serait fait le lendemain.

Il frissonna un peu. Il avait froid, c'était certain. Mais il n'en passait pas, du vent dans ses cheveux. Sur cette plage presque abandonnée, il se sentait libre, il sentait la vie qui coulait dans ses veines. Ici, il était minuscule, inexistant, soumis aux éléments. Pas manipulé. Il avait juste sa place, sa vraie place. Il se sentait bien. Et il attendait. Désespérément.

Bien sur. Que croyez-vous ? Qu'il marchait sur cette plage sans but ? Personne ne marche jamais sans but. On attend toujours quelque chose de précis, quelque chose que l'on obtiendra. Ou pas.

Mais il le savait, son frère était affreusement têtu. Il n'aimait pas la nature, il n'aimait pas le froid, et marcher dans les cailloux n'était pas évident avec un qui pendouillait sur les hanches. Tout ceci n'était qu'une excuse. Il était en colère, ne le disait pas, parce qu'il savait que son frère le ressentait. Jumeaux jusqu'aux ongles.

Ils avaient tous les deux un caractère de porc. Leur mère le leur avait souvent répété. Leurs amis aussi. Tout le monde en fait, tout le temps. Mais ils l'assumaient, ils le vivaient ensemble. Du matin jusqu'au coucher.

On disait beaucoup de choses à leur sujet. Rumeurs, ragots, potins. Mais ils ne les entendaient pas. Ils continuaient à marcher sur les cailloux, même si le risque de tomber était toujours présent. Glisser sur les algues. Se tordre la cheville. Tout pouvait arriver. Mais, et c'était tellement vrai, ils étaient ensemble, et rien ne pouvait leur arriver. Rien du tout.

Sauf bien sur quand le problème venait de l'un d'eux.

Quand on passe des années à dormir toutes les nuits ou presque avec son frère, à lui témoigner des marques de tendresse plus nombreuses que celles que s'échangent la plupart des couples, on finit par trouver cela normal, complètement évident. Logique. Naturel. Ca l'était pour eux. Il n'y avait rien de sexuel.

Ils s'aimaient, d'un amour vrai, puissant. Un amour fraternel. Amélioré, comme ils disaient souvent.

C'est comme quand on fait des crêpes. Parfois, on met un peu d'alcool, du rhum par exemple. Les crêpes sont meilleures, améliorées.

Bill et Tom apportaient cette petite touche de piment à la vie de l'autre, cette petite chose qui leur était indispensable. Ils s'aimaient, et si on avait pu lire dans leurs c½urs, on aurait vu sans aucun doute possible l'authenticité de leur amour. Mais il arrivait des moments ou le doute prenait une place importante. Et des vacances dans une région pourtant calme n'avait fait que renforcer ces doutes.

Bill soupira une fois de plus. Tom ne descendrait pas du véhicule, il était en colère, il boudait. Il était tétu, comme une mule. Têtu comme une mule qui recule. Et Bill se savait pareil. Sauf quand cela concernait son frère. Il avait cette capacité d'abnégation en ce qui le concernait, ce pouvoir d'être capable d'oublier tous ses principes quand il s'agissait du bien de son frère, de la tenue de leur relation.

Il regarda une dernière fois vers le large, et profita un dernier instant du vent dans ses cheveux. Cette sensation de liberté. Il ne la connaissait que trop peu. Mais c'est toujours délicieux. Ici, avec en fond sonore le brui des vagues. Et dans les bras de son frère.

Il baissa la tête, et remonta la plage. Il savait que Tom l'observait, et entendit le déclic de la serrure de la voiture. Tom lui avait ouvert.

Il entra dans l'habitacle, et remonta ses pieds contre ses fesses. Il était bien, là, dans cette atmosphère intimiste. L'odeur de Tom imprègnait le véhicule, il inspira donc plus profondément qu'il ne l'aurait dû.

« - Bien, ta promenade ?
- Tu as bien vu.
- Bill ...
- Quoi ?
- J'aime pas qu'on s'engueule comme ça.
- Moi non plus. Mais tu as cherché la merde. »

Tom se tut. Bill aussi. Marche arrière. Faire passer le véhicule au milieu de ce chemin étroit fut une tache difficile. Puis ils roulèrent tranquillement jusqu'à la maison qu'ils avaient louée. Immense baraque en bord de plage, perchée sur une falaise de marbre. Le choix avait été simple, rapide. Ils ne faisaient que louer, mais leur coup de c½ur avait été immédiat.

Bill descendit de l'auto sans attendre son frère, et partit s'enfermer dans sa chambre. Un peu de solitude ne pourrait que lui faire du bien. Il repensa au matin même, quand Tom était venu le réveiller dans son lit. Cela faisait quelques temps qu'ils n'osaient plus dormir ensemble, ils ne savaient pas vraiment pourquoi. Un soir, Tom avait seulement décidé de ne plus dormir avec Bill. Et cela avait profondément blessé ce dernier. Pendant des années, Tom l'avait rejoint dans son lit, le faisant en cachette quand ils étaient devenus trop âgés. Même après avoir couché avec des filles dont il oubliait aussitôt le prénom, Tom rejoignait systématiquement Bill, et le prenait dans ses bras, écoutant son souffle ralentir vers le sommeil.

Du jour au lendemain, tout avait changé. Gène subite d'être trop proches. Plus de contacts physiques, plus de sourires complices. Finies les nuits où l'un ne pouvait dormir sans l'autre. Bill avait du réapprendre à dormir seul, et il avait mis longtemps à reprendre cette habitude. Finis aussi les baisers du matin, ou de n'importe quelle heure de la journée.

Bill se sentait seul. Et Bill n'avait jamais aimé la solitude. C'était ainsi. Il n'était pas Gustav, il avait sans cesse besoin de quelqu'un pour lui tenir la main. Besoin de Tom. Etait-ce si dur à comprendre ? Oui, il aimait son frère, et alors ? Bill savait qu'il était le seul de ses partenaires que Tom regarderait dans les yeux, que Tom embrassait, avec lequel Tom dormait volontiers, le seul à qui il disait « je t'aime ». Alors où était le problème ? Pourquoi Tom s'était-il éloigné ? Pourquoi Tom refusait-il le moindre contact ? Pourquoi fuyait-il dès qu'ils étaient seuls quelque part ? Oui, bien sur, il l'avait accompagné sur cette plage, mais il n'empêchait qu'il fuyait lâchement à la moindre occasion ! Oui, Bill était en colère à cet instant dans sa chambre, parce qu'il était perdu, il n'avait pas la situation en main, et il détestait cela. Il voulait comprendre, quitte à être blessé, parce qu'il savait que quoi qu'il arrive, il continuerait à aimer son frère plus que la vie elle-même.

Bill se laissa tomber sur son lit, et ferma les yeux. Il était bien, ici. Ou du moins, il aurait probablement put être bien. Mais sans Tom ...



Il ouvrit les yeux. Sa bouche était un peu pâteuse, il avait du s'endormir. Il était toujours sur le dos, sur le lit, et regretta que le matelas soit aussi mou : son dos lui faisait un mal de chien. Il tourna la tête un peu sur le côté, et eut un sourire surpris, mais ému, de voir Tom assoupit sur le fauteuil près du lit. Il ne savait pas quand le guitariste était entré, mais il se sentait bien, il se sentait enfin complet. Il se leva, et s'approcha doucement du corps recroquevillé sur le fauteuil. Il était beau son frère. Il connaissait tout de lui, chaque parcelle de peau, chaque grain de beauté, il les avait comptés. Il connaissait la couleur de chaque dreadlocks, le parfum de sa peau mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Il connaissait son frère dans les moindres détails, mieux qu'il ne connaissait ses chansons, plus que personne ne le connaitrait jamais.

Il caressa tendrement la joue tellement douce de l'endormi. Il sentit déjà des papillons dans son ventre, lui qui était tellement dépendant de la présence de son frère. Oui, Bill était un drogué. Mais il consommait la plus belle des drogues, celle de l'amour. Oh oui, c'était niais, dégoulinant de bons sentiments, mais il en faut en ce bas monde, non ?

Il prit une décision. Radicale. Qu'il se promit juré craché de tenir. Il la tiendrait, il le savait. Il fallait à tout prix qu'il parle avec Tom. Peu importait l'issue de la discussion. Mais l'heure était à la tendresse.

« - Je t'aime tellement grand frère ... Tu me manques trop ! C'est pas possible sans toi tu sais ... J'me sens trop seul quand t'es pas là. J'fais des tas de cauchemars ..., chuchota Bill en continuant à caresser la joue de son frère. »

Il soupira. L'espoir allait et venait en lui, ne lui laissait aucun répit. Il avait peur, et la seconde suivante, il était intrépide. Mais rien ne durait jamais.

Il se leva, et se dirigea vers la porte. Il devait fuir cet endroit, attendre que Tom accepte de lui parler. Pas le forcer. Surtout pas.

« - Ne part pas. »

Bill se figea. Cette voix, qui lui manquait tellement, qui s'adressait à lui si tendrement à cet instant. Son frère était réveillé, visiblement. Il se retourna, lentement. Tom s'était redressé, les yeux encore collés par le sommeil. Ses dreadlocks étaient éparpillées sur ses épaules, et ses vêtements froissés. Il paraissait étrangement mal à l'aise. Et c'était d'autant plus étonnant, lui qui habituellement était toujours sur de lui, maitre de ses mots et de ses gestes.

« - J'ai ... entendu ce que tu as dit, balbutia-t-il en regardant le parquet, qui décidément était bien intéressant. »

Bill sentit la chaleur lui monter au visage. Cette sensation de brûlure le mettait toujours mal à l'aise, d'autant plus aujourd'hui qu'il n'était pas maquillé. Et Tom, qui même gêné, qui même en bredouillant, réussissait à le rassurer. Bill avait une admiration sans limite pour son frère.

« - Tu ... tu m'as laissé parler comme un con alors que tu m'entendais !
- Bill ...
- Quoi ? Ca t'amuse ? Tu t'es retenu de rire ? J'étais tellement ridicule ! Tu profites de mes sentiments ! Tu t'amuses avec moi !
- Mais bien sur que non !
- Si !
- Je te dis que non !
- Et moi j'suis persuadé du contraire !
- Bill, stop it ! cria Tom en se levant. »

Bill se figea au milieu de la chambre. Tom était tout prêt de lui, et le fixait d'un regard brillant, énervé. Il était réellement impressionnant quand il se mettait en colère. Mais il y avait quelque chose en plus aujourd'hui. Son regard était trop brillant, comme si il retenait ses larmes. Ses lèvres tremblaient , remarqua Bill.Mais que t'arrives-t-il donc, Tomi ?

« - J'en ai marre de cette situation, Bill ! Je supporte plus ! Tu me regardes comme si j'étais ton ennemi, comme si je te voulais du mal ! Une bête curieuse, je suis plus que ça ! J'en peux plus ! Tu ... tu es dédaigneux avec moi, tu me prends pour ton chauffeur, tu te victimises, sans arrêt ! Je suis pas le méchant dans cette histoire, merde !
- C'est toi qui t'es éloigné de moi !
- Et alors ? Je croyais que comprendrais !
- Mais que je comprendrais quoi ?
- Te fous pas de moi, Bill Kaulitz ! Je te connais !
- Pas tant que ça visiblement, hurla Bill.
- Quoi ?
- Ouais, si tu me connaissais aussi bien que ça, tu saurais que là je suis sincère, que je suis perdu ! Et que je comprends pas pourquoi tu t'es éloigné ! Enfin si ! Tu as honte de moi ! Tu n'assumes pas notre relation ! Je t'éc½ure, et je ne comprend pas pourquoi. »

Tom recula, comme giflé. Bill pensait qu'il le dégoutait ? Mais ...

« - Mais tu me dégoutes pas !
- Ah ? Et pourquoi tu me parles plus ? Pourquoi tu dors plus avec moi ? Tu ne me touches plus, tu ne m'embrasses plus, tu m'ignores ! Tu fais comme si j'avais jamais existé ! »

Bill pleurait à présent, et sa voix était éraillée. Tom ne comprenait plus.

« - Bill, je crois qu'on aurait dû parler, depuis tellement longtemps. Laisse-moi t'expliquer.
- Ca me fait tellement de bien de t'entendre parler... Me parler !
- Viens, on s'assoit d'accord ?
- Moui ... »

Tom s'installa sur le fauteuil où il s'était endormi auparavant, et tira Bill sur ses genoux. Il fourra son nez dans le cou de son jumeaux, et inspira profondément, cette odeur lui avait tellement manqué.

« - Tom, on parle, et on verra les câlins après d'accord ?
- Désolé.
- Pas grave. »

Tom ne retira pas sa tête pour autant. Il commença à parler, d'une voix douce, calme, mesurée. Cette voix que Bill aimait tant, malgré ses petites imperfections, ses petits déraillements. Cette voix qui l'avait si souvent rassuré, et qui plus que tout, lui manquait tellement dans le silence.

« - Le plus vieux de mes souvenirs remonte à notre rentrée scolaire, le jour de nos trois ans. Je sais pas si j'm'en souviens réellement, ou si ce souvenir s'est construit autour de ce qu'on m'a raconté, mais peut importe, parce que c'est mon souvenir, et il est avec toi. Comme tous les autres. Il faisait un soleil magnifique, et toi et moi, on était entrés dans la classe en se tenant par la main. On a tout de suite repéré Andreas, et on ne s'est pas quittés pendant des années. Tu arrêtais pas de me faire jurer que jamais je t'abandonnerai. Et je jurais, tout le temps, parce que t'abandonner, même à cet âge là, m'aurait été totalement impossible, inconcevable. Tu étais ma vie, mon oxygène. On a apprit à parler ensemble, on a fait nos premiers pas ensemble, on a dit papa et maman en même temps, et on a arrêté les couches le même jour. Ce sont des tas de souvenirs, et tu es partout dans ces souvenirs. J'adore ne faire qu'un avec toi, sur tous les plans. Parce que notre relation a évolué. Je sais pas si c'est bien ou mal, m'en fout, mais je sais une chose surtout : c'est naturel pour nous. S'aimer est normal, tout comme se tenir la main sur le pot était normal. Je ne me vois pas aimer quelqu'un plus que je t'aime toi, je t'ai, tu me suffis, non, tu me combles, c'est certain.
- Mais alors quel est le soucis ? demanda Bill d'une voix qu'il aurait voulu moins chevrotante.
- Je t'ai dis que je n'avais pas de souvenirs sans toi ... Et ca me gène. Ce n'est pas que je ne veux pas faire tout avec toi, c'est que je voudrais c'est ne pas tout faire avec toi. Il n'est pas question de jalousie, ou d'ombre, mais juste de liberté. Je me sens un peu enfermé des fois. J'ai l'impression de ne plus avoir d'existence propre, de volonté propre.
- Notre gémellité te poses un problème ?
- Pas du tout. Je t'aime, comme je n'ai jamais aimé personne. Mais j'ai peur de trop t'aimer, de trop vivre pour toi. Et d'oublier d'être moi-même. Je ne t'en veux pas pour quoi que ce soit, c'est de ma faute. J'ai ... besoin de liberté de temps en temps, mais dès que je te vois pas, je suis un peu perdu. J'ai besoin d'apprendre à vivre de moi-même. Je veux t'aimer librement, sans dépendance. Je ... Je sais pas si je me fais bien comprendre, j'ai bien peur que non, mais je ...
- C'est bon j'ai compris. J'ai eu peur, Tomi, tellement peur ! Je pensais que tu avais honte de nous, de ce qu'on est en train de devenir. Je ... tu avais l'air de ne pas assumer notre amour, et tout ce que nous faisons ensemble ... Alors j'ai un peu paniqué, et c'est pour ça que je me suis mis en colère ce matin. Je suis désolé ... »

Bill se retourna pour embrasser doucement Tom. Leurs lèvres entrèrent en contact, et déjà leurs langues se cherchèrent, en manque de contact. Tom obligea Bill à se retourner pour lui faire face, les jambes de l'androgyne autour de sa taille. Il passa les mains autour de Bill, et le rapprocha un peu plus de lui. Le contact était tellement agréable, ils se complétaient tellement bien. Ils n'avaient jamais été plus loin que quelques caresses, toujours chastes. Et cette fois comme les autres, leurs gestes étaient doux.

« - Tu te sens prêt à aller plus loin ? Demanda timidement Tom.
- Ce sera un souvenir de plus avec moi ... susurra Bill en obligeant son frère à ôter son tee-shirt. »

Tom eut un sourire. Et dans la fraicheur toute bretonne, alors que sur la plage les galets étaient recouverts par la marée montante, alors que le vent caressait presque tendrement les cimes des arbres, les jumeaux construisirent un souvenir de plus. Peut-être les gens ont-ils peur de s'attacher à leurs semblables. Ils ont tort. C'est de les perdre pour des histoires stupides dont ils devraient avoir peur.


n'Stelle

# Posté le lundi 12 mai 2008 16:19

Modifié le mercredi 04 juin 2008 00:54

Prochains OS.

Vous avez compris le principe, je vous propose des idées de fic, et vous votez. C'est simple, rapide, et facile.

Idée numéro 1. Tom s'enfuit de chez lui, après une violente dispute avec ces parents. Aveuglé par les larmes, la colère, il ne voit pas la moto lui foncer dessus ...

Idée numéro 2. Andreas, à présent un vieil homme de 70 ans, reçoit chez lui ses petits enfants de 4,7 et 9 ans. Les trois petits sont choqués devant un film mettant en scène un couple gay. Ils apprennent à leur grand père que leur papa est homophobe. Andreas, qui a élevé sa fille avec pour maitre mot la tolérance et le respect, décide de raconter à ses petits enfants sa jeunesse, et plus particulièrement celle de ses jumeaux de meilleurs amis.

Idée numéro 3 (hors vote)
. Une suite de Jimena.

Résultats.
02/01

Ps : ces OS ne seront publiés qu'à la rentrée de Septembre.


En attendant ces OS, retrouvez moi ici !

# Posté le lundi 23 juin 2008 09:59

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 09:23